 |
| |
  |
| |
|
|
| |
La crise de l’eau est un défi majeur du XXIème siècle. Le Rapport Mondial sur la mise en valeur des ressources en eau (World Water Development Report, WWDR), a mis en relief la forte corrélation entre la crise de l’eau et la pauvreté dans le monde.
Apporter des solutions à la crise de l’eau consisterait à lutter contre la pauvreté dans ses multiples facettes grâce à la garantie de la sécurité alimentaire et à l’accès équitable des populations à l’eau potable et aux réseaux d’assainissement.
Or, la crise de l’eau semble être une crise de gouvernance liée aux modes de gestion inadaptés et aux comportements des populations.
Aussi, les politiques de l’offre, qui ont constitué la réponse traditionnelle, atteignent-elles leurs limites, au moment où de nouvelles politiques axées sur la gestion et la régulation de la demande d’eau sont à l’ordre du jour. Désormais, il serait plus judicieux de mieux gérer l’utilisation de l’eau qu’à intensifier l’exploitation des ressources, de plus en plus coûteuse, pour les pays en quête de développement durable. |
|
| |
|
|
|

L’offre et la demande d’eau, un déséquilibre croissant
| |
L’eau douce représente 2,5% seulement des réserves mondiales d’eau, plus de 60% de cette eau est formée de glaciers et de neiges. Alors que 8% de la quantité annuelle d’eau douce renouvelable est prélevée annuellement, 74% de l’eau qui subit l’évapotranspiration et 46% du ruissellement accessibles sont perdus annuellement. La pollution mondiale de l’eau serait de 12.000 Km³, soit près de 40 milliards de m3 pour l’ensemble des pays et 20 milliards pour le bassin méditerranéen d’eaux usées urbaines et industrielles. Les changements climatiques seraient à l’origine d’une baisse des réserves mondiales d'eau de l’ordre de 20%.
Dans ce contexte, à l'horizon 2050, près de 7 milliards d'individus dans 60 pays seraient confrontés à une pénurie d'eau. La part des prélèvements absorbée par l’irrigation, actuellement de l’ordre de 70%, continuerait d'augmenter, soit plus de 14% au cours des 30 prochaines années en raison de l’expansion de 20% des superficies irriguées. En 2030, l'irrigation absorberait des quantités importantes des ressources en eau douce: 40% pour l'Asie du sud, 58% pour la Région Proche Orient et Afrique du Nord. A l’avenir, la dépendance des pays en développement en matière alimentaire s'accentuerait.
Or, en Inde, par exemple, 69% de la population qui vit dans des Régions non irriguées est pauvre, alors que cette proportion atteint 26% seulement dans les Régions irriguées. Les importations de céréales s'élèveraient à 198 millions de tonnes en 2015 et à 265 millions de tonnes en 2030. Le développement agricole des pays en développement demeure un impératif d’une grande urgence.
Aussi, si l'approvisionnement alimentaire des populations nécessiterait 1000 m3 d'eau pour garantir les 2800 calories indispensables par jour, le coût total qu'impliquerait l'expansion des superficies irriguées ainsi que la restauration et la modernisation des systèmes d'irrigation en place atteindrait près de 30 milliards de dollars américains par an.
A l’horizon 2025, les besoins de l’industrie sont, également, croissants car sa part dans l’ensemble des prélèvements représenterait 24%. Les productions d'eau potable constituent une faible part des quantités d'eau utilisée, soit 15 à 20% dans les pays développés et l0% seulement dans les pays en développement. Mais la pression pour l'eau potable serait, de plus en plus, croissante car le taux de couverture dans les pays en développement demeure faible : de l'ordre de 50%. |
|
|

Les Politiques de l’Offre face aux Besoins en Eau
| |
Les projections tendancielles des demandes en eau des pays méditerranées montrent que les besoins en eau augmenteraient de 32% à l’horizon 2010 et de 55 % en 2025, mais moins au Nord qu’au Sud et à l’Est. Les demandes des collectivités et des industries s’accroîtraient plus rapidement que les demandes des productions agricoles qui resteraient prépondérantes.
Pour faire face à ces demandes, l’offre d’eau nécessaire devrait progresser globalement de 96 milliards de m3 annuels d’ici 2010. La couverture des demandes en eau potable suppose la production de 24 milliards de m3 supplémentaires d’ici 2010 et 13 milliards de m3 entre 2010 et 2025.
Si les politiques actuelles de l’eau continueraient de sévir, l’approche par l’offre resterait dominante : nouveaux aménagements, intensification des exploitations des ressources naturelles et extension des transports d’eau. Dans cette perspective, le recours à d’autres productions d’eau, à travers le dessalement et la réutilisation de l’eau usée, demeurerait faible : 5 à 10% des demandes en eau des pays méditerranéens à l’horizon 2025. Aussi, les retards d’équipements en matière d’assainissement urbain et d’épuration entravent-ils la réutilisation des eaux usées dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée. Les politiques de l’offre d’eau présentent cependant, de nombreuses limites.
|
|
Les limites des politiques de l’offre
| |
La poursuite des politiques actuelles de l’offre d’eau bute sur des entraves majeures. En effet, la mobilisation des ressources en eau supplémentaires et l’entretien des aménagements hydrauliques en place occasionnent un coût, de plus en plus élevé, difficilement supportable par la collectivité.
Dans de nombreux pays de la rive Sud de la Méditerranée dont le Maroc, plus de 3% du PNB sont consacrés à la gestion des ressources en eau.
De plus, dans les pays en développement, la réalisation des investissements hydrauliques nécessaires à l’expansion des superficies irriguées susceptibles de faire face aux demandes croissantes en eau impliquerait la mobilisation de financements estimés à 30 milliards de dollars par an, cette perspective est d’autant plus problématique quand on sait que les aménagements régulateurs des eaux sont, en partie, non durables en raison de l’envasement des retenues.
De telles pertes liées à l’envasement sont de 2 à 3% par an en Algérie, de 2% au Maroc où les mêmes pertes correspondent à l’équivalent d’un potentiel d’irrigation estimé à 8000 ha par an. En 1990, au Maroc, les réservoirs auraient perdu 8% de leur capacité initiale, soit 800 millions de m3, ce qui affecterait la moitié des barrages construits avant 1988 à l’horizon 2050.
La surexploitation incontrôlée des eaux souterraines et des réservoirs aquifères sahariens constituent une autre limite objective à toute politique de l’offre d’eau.
En outre, l’expansion des superficies irriguées est à l’origine d’une grande distorsion. Au Maroc, et dans d’autres pays en développement, le secteur agricole utilise la plus grande partie des quantités d’eau utilisées, alors que sa contribution au PIB demeure faible.
|
|
|

| |
La Région de Marrakech-Tensift-Al Haouz (RMTH) constitue un bassin hydraulique déficitaire. A défaut d’une politique régionale appropriée de l’eau, ce déficit est appelé à croître et menacerait, à terme, la qualité de la vie des populations.
En effet, en 2000, le niveau des ressources hydriques par habitant et par an atteint 618 m3/hab/an, soit une quantité largement inférieure au seuil de stress hydrique (1000 m3/hab/an), définie comme une situation à partir de laquelle la vie des populations est menacée. De plus, la projection de cette tendance à l’horizon 2020, révèle une aggravation du déficit hydrique au niveau régional, puisque la quantité d’eau par habitant et par an serait plus faible, soit 475 m3/hab/an.
Ces données traduisent les risques d’une crise de l’eau qui affecterait la région si une nouvelle politique régionale de l’eau n’est pas initiée.
Dans cette perspective, deux considérations majeures devraient conditionner l’élaboration d’une telle politique :
- La politique de l’offre de l’eau, poursuivie jusqu’aujourd’hui, connaît des limites liées au coût et à la complexité de la mobilisation de ressources hydriques additionnelles ;
- Une gestion plus rationnelle et plus optimale de la demande offre une plus grande marge de manœuvre en tant que vecteur d’une politique d’avenir de l’eau
|
|
| |
Une telle orientation est corroborée par l’analyse de l’utilisation actuelle des ressources hydriques mobilisées.
Ainsi, dans la RMTH, l’irrigation continue d’absorber 94 % des ressources mobilisées, alors que la part allouée à l’eau potable représente 6 % seulement.
Or, l’irrigation traditionnelle concerne 75 % des superficies irriguées et consomme 33 % des ressources hydriques mobilisées.
Aussi, les techniques traditionnelles d’irrigation, le déficit des équipements hydrauliques (absence des canaux secondaires et tertiaires), la gestion bureaucrate de l’eau et l’inexistence d’un véritable encadrement de l’agriculteur, expliquent-ils les faibles performances du secteur agricole irrigué.
Dès lors, une meilleure gestion de la demande d’eau permettrait de poser les jalons d’une politique d’avenir qui vise la préservation des ressources hydriques au moyen notamment :
-
de la diffusion d’une culture d’économie de l’eau ;
-
du renforcement de l’arsenal juridique qui permet de rationaliser l’usage de l’eau.
-
de l’instauration d’une tarification de l’eau qui permet l’optimisation de l’eau (distinction entre les différents types de consommation : utilisation économique dans l’agriculture, le tourisme, l’industrie ; utilisation domestique basique ; autre utilisation domestique …).
-
de la mise en place des formules de gestion déléguée de l’eau destinée à l’irrigation.
-
de la promotion de l’irrigation localisée par l’assouplissement des procédures liées à l’accès aux technologies d’économie de l’eau (simplifier le mécanisme des subventions).
-
de l’alimentation des nappes souterraines.
-
de la lutte contre l’envasement des barrages.
|
|
|
|
Taux de desserte en eau potable selon les provinces :
Provinces |
Pop en 2005 |
Taux d’accès 2005 |
Pop additionnelle 2006 |
Taux additionnel en 2006 |
Taux accès en 2006 |
Al Haouz |
433 0499 |
49% |
6 500 |
2% |
51% |
Chichaoua |
296 613 |
74% |
4 000 |
1% |
75% à corriger à 55 |
El Kelaâ des Sraghna |
574 757 |
81% |
39 600 |
7% |
88% |
Marrakech |
229 026 |
61% |
0 |
0% |
61% |
Essaouira |
356 791 |
43% |
26 000 |
7% |
88% |
Total |
1 890 236 |
61,6%* |
76 100 |
3,4%< |
72,6%* |
* moyenne des 4 provinces et de la préfecture de Marrakech
|
Besoins en eau potable dans la région du Bassin de Tensift
Indicateurs :
Ressources hydriques superficielles : |
816 Mm³ |
Oueds atlassiques (8) |
767,8 Mm³ |
Oueds côtiers (2) |
48,2Mm³ |
Ressources transférées (à partir du Oued Oum Rabia) |
300 Mm³ |
Nappe phréatique : |
516 Mm³ |
Volume global drainé annuellement, dont : |
1427Mm³ |
Exploitation nappe phréatique |
595Mm³(42%) |
Canaux traditionnels d’irrigation |
433Mm³ (30%) |
Transfers des eaux du Oued Oum Rabia |
300 Mm ³ |
Transfertr via des barrages |
99Mm ³ |
Eau potable et industrielle Dont : |
97,7 Mm³ |
Eaux superficielles |
55Mm³ (56%) |
Eaux souterraines : |
42,7Mm³(44%) |
Agriculture 242 750 ha dont : |
1329 Mm ³ |
Eaux superficielles |
785 Mm ³ (59%) |
Alimentation en eau potable (AEP) en milieu urbain |
Taux de desserte |
86,5% |
Plus de 61%de demande d’eau provient de Marrakech, puis d’Essaouira
Hormis Marrakech, toutes les autres agglomérations urbaines sont alimentées à partir des sources souterraines |
Alimentation du monde rural en eau potable : |
Taux d’alimentation |
14% en 1995 |
61% en 2005 |
Taux d’alimentation par provinces et préfecture : |
Essaouira |
50% |
Al Haouz |
51% |
Chichaoua |
75% |
El Kelaâ des Sraghna |
88% |
Marrakech |
61% |
Taux de desserte en eau potable selon les provinces :
| Provinces |
Pop en 2005 |
Taux d’accès 2005 |
Pop additionnelle 2006 |
Taux additionnel en 2006 |
Taux accès en 2006 |
Al Haouz |
433 0499 |
49% |
6 500 |
2% |
51% |
Chichaoua |
296 613 |
74% |
4 000 |
1% |
75% à corriger à 55 |
El Kelaâ des Sraghna |
574 757 |
81% |
39 600 |
7% |
88% |
Marrakech |
229 026 |
61% |
0 |
0% |
61% |
Essaouira |
356 791 |
43% |
26 000 |
7% |
88% |
Total |
1 890 236 |
61,6%* |
76 100 |
3,4% |
72,6%* |
|
 |
|
 |
| |
Préfecture et Provinces |
Montant des marchés |
% |
Marrakech |
12 397 498,28 |
15,94 |
Chichaoua |
15 524 166,64 |
19,96 |
Essaouira |
17 367 897,27 |
22,33 |
Al Haouz |
16 049 591,80 |
20,63 |
El Kelaâ des Sraghna |
16 444 957,08 |
21,14 |
| Total |
77 784 111,07 |
100,00 |
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|